BIENFAITRICE

Notre bienfaitrice Marie-Louise Roser - Dany

Promotion 1947

Il étais une fois, une véritable Dame, respectée et respectable.

La Princesse Pupuce, une chatte solitaire, partageait la vie de cette Dame élégante au corsage blanc et au tailleur noir.

Tout là-haut, de son dixième étage, avec ascenseur, elle dominait la ville - sa ville et sa baie.Entre 2 volutes de fumée bleue, elle se souvenait de son école, sa seule famille. Elle se rappelait sa copine de classe Lucienne MEYER (47), désormais Soeur Maria Pia des Filles de la Sagesse à Rome.

De temps en temps la Dame avait le blues.Le Gewurztraminer, le munster, les cigognes lui manquaient.Alors, peu importent le jour et l'heure, elle décrochait son téléphone pour "ratscher" un peu ...

Elle avait le blues, la fille ROSER ...

Première femme à San Francisco à devenir patronne d'un palace, le DRAKE WILTSHIRE.

Elle vénérait son école, notre école, qui, disait-elle, lui avait tout donné.

Cette grande Dame avait sa façon de parler et ce, en plusieurs langues, de l'alsacien au chinois en passant par le Japonais, mais sa rigueur, sa discipline, sa compétence et surtout son intelligence faisaient l'admiration de tous.

Loin de son Alsace, la retraitée s'ennuyait. Alors au millieu des ses ordinateurs, elle donnait un coup de main à l'Alliance Francaise et ses talents d'expert-comptable étaient des plus appréciés à l'Union des Francais de l'Etranger.

De temps en temps, un Alsacien, une Alsacienne telle Simone MORGENTHALER croisait son chemin et lui consacrait quelques lignes, quelques pages voire un chapitre comme dans " un été en californie " (Nuée Bleue - Strasbourg 2002).

On ne sortait pas indemne d'une rencontre avec Marie Louise, "l'ouragan de San Franscico", surtout si l'on appartenait au cercle très fermé des anciens du FAIRMONT HOTEL, de la bande à SWIG...

Avant de partir avec les colombes, elle m'a confié une mission, celle de faire respecter ses dernières volontés.J'ai accepté et signé, non pas "Pépère" comme elle se plaisait à m'appeler, mais Jean Michel JEUDY Trustee.

Alors, quand vous verrez un GOLDEN GATE ou un joli pont dans le soleil couchant, rappelez-vous que tout là bas dans le FAR WEST, il est une Lady de Strasbourg.Elle est assise sur un bout de nuage, une cigarette ou un flute à la main, elle nous observe et sourit.Elle semble veiller sur nous qui sommes sa famille.Famille ce n'est pas un vain mot, ce ne sont pas des paroles en l'air. Nous sommes non seulement les descendants mais les héritiers de la Dame de la Robertsau.

Notre Ecole, pour cette ancienne élève de la rue des Ecrivains aura été un art de vivre, de partager et de ressusciter.

Certes, j'ai perdu une amie, mais notre Association a gagné une généreuse bienfaitrice.

De tout mon coeur, Merci Madame DANY.

 

Jean Michel JEUDY